Pose complète, forfait soin visage et rehaussement de cils, épilation intégrale : quand une prestation bloque une heure ou deux de votre journée, une absence coûte cher. Demander une partie du prix à la réservation est devenu courant en institut et en onglerie. Mais le mot « acompte » est souvent employé à tort, et ce n’est pas qu’une question de vocabulaire : selon le nom et les conditions, les droits de chacun changent.
Acompte ou arrhes : la différence
En droit français, une somme versée d’avance peut être soit des arrhes, soit un acompte.
- Les arrhes laissent à chacun la possibilité de se dédire. Si la cliente renonce, elle perd les arrhes. Si c’est vous qui renoncez, vous devez lui rendre le double (article 1590 du Code civil).
- L’acompte est un premier versement sur un engagement ferme. Ni la cliente ni vous ne pouvez vous dédire librement : en principe, la cliente reste redevable du prix, et vous de la prestation.
| Arrhes | Acompte | |
|---|---|---|
| La cliente annule | Elle perd la somme versée, rien de plus | Elle reste en principe redevable du prix |
| Vous annulez | Vous rendez le double de la somme | Vous restez tenue de la prestation, ou d’indemniser |
| Quand s’applique-t-il ? | Par défaut, entre une professionnelle et une particulière | Seulement si vos conditions le prévoient expressément |
La règle par défaut : ce sont des arrhes
C’est le point que beaucoup ignorent. L’article L214-1 du Code de la consommation prévoit que, sauf stipulation contraire, les sommes versées d’avance dans un contrat de vente ou de prestation de services entre un professionnel et un consommateur sont des arrhes. Autrement dit : si vos conditions ne disent rien, ou si vous écrivez simplement « acompte » sans en préciser les effets, la somme sera traitée comme des arrhes.
Références : Code de la consommation, articles L214-1 à L214-4 ; Code civil, article 1590. Ce guide est informatif et ne remplace pas un conseil juridique. Pour un cas précis, rapprochez-vous de votre chambre de métiers, d’une fédération professionnelle ou d’un avocat.
Ce qu’il faut écrire dans vos conditions
Dans un institut, la pratique la plus courante, et la plus simple à faire accepter, est une somme qui se comporte comme des arrhes, avec une règle d’annulation claire. Vos conditions doivent dire, en quelques lignes :
- Le montant demandé, ou la part du prix (par exemple 30 %).
- Le délai d’annulation : jusqu’à quand la cliente peut annuler ou déplacer et être remboursée.
- Ce qui se passe hors délai ou en cas d’absence : la somme est conservée.
- Ce qui se passe si vous annulez : remboursement intégral, au minimum.
- Ce qui se passe à la visite : la somme est déduite du prix.
Ces conditions doivent être portées à la connaissance de la cliente avant qu’elle paie : sur la page de réservation, au moment du paiement, puis dans la confirmation. Une règle découverte après coup est difficile à opposer.
Restez mesurée. Le Code de la consommation interdit les clauses qui créent un déséquilibre significatif au détriment du consommateur (article L212-1). Conserver une somme raisonnable pour une absence sans prévenir est défendable ; garder la somme quand c’est vous qui annulez, ou réclamer le prix total d’une prestation non réalisée, l’est beaucoup moins.
L’acompte, réglé en ligne à la réservation
Avec Crenoly, vos clientes paient leur part par carte en réservant. La somme est déduite du ticket à l’encaissement et remboursée si elle annule dans vos délais, ou si vous annulez. Le délai est le vôtre.
Combien demander ?
Aucun texte ne fixe de montant. L’usage est de demander une part du prix, pas la totalité : assez pour dissuader la réservation « au cas où », pas au point de freiner une nouvelle cliente qui hésite. Quelques repères de bon sens :
- Prestations courtes (sourcils, lèvre, retouche) : souvent rien. Le rappel suffit.
- Prestations longues ou chères (pose complète, extension de cils, forfait, épilation intégrale) : c’est là que la somme d’avance est la plus utile.
- Nouvelles clientes : une cliente qui ne vous connaît pas encore s’engage moins qu’une habituée. C’est le premier rendez-vous qui compte.
Dans Crenoly, la part demandée va de 10 à 50 % du prix. Commencez modeste, 20 ou 30 %, et ajustez selon les absences que vous constatez.
L’alternative : l’empreinte de carte
Certaines clientes, surtout les fidèles, n’aiment pas payer avant d’avoir été servies. L’empreinte de carte résout ce frein : la cliente enregistre sa carte en réservant, rien n’est débité. Si elle vient, la carte est libérée. Si elle ne vient pas ou annule hors délai, vous débitez le montant prévu par vos conditions.
Les mêmes règles de transparence s’appliquent : le montant débité en cas d’absence et le délai d’annulation doivent être annoncés avant que la cliente enregistre sa carte.

Bien l’annoncer à vos clientes
Une somme d’avance bien expliquée passe beaucoup mieux qu’une somme imposée sans un mot :
- Donnez la raison : « Pour garantir votre créneau et respecter le temps de chacune, une partie du prix est demandée à la réservation. Elle est déduite le jour J. »
- Insistez sur ce qui rassure : déduite du prix, remboursée en cas d’annulation dans les délais.
- Affichez-la partout où l’on réserve : page de réservation, bio Instagram, accueil.
- Appliquez-la à tout le monde, ou selon une règle claire (par prestation), jamais à la tête de la cliente.
En résumé
- Sans précision, une somme versée d’avance est des arrhes (article L214-1 du Code de la consommation).
- Écrivez vos conditions : montant, délai d’annulation, absence, annulation de votre fait, déduction.
- Montrez-les avant le paiement.
- Demandez une part raisonnable, surtout pour les prestations longues et les nouvelles clientes.
- Proposez l’empreinte de carte si vos clientes rechignent à payer d’avance.
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